Vague d’inspections dans les piscines - Le Parisien du 22 août 2009
A la suite de l’accident survenu en Seine-et-Marne où un enfant a perdu la vie, le ministre de l’Intérieur a demandé un renforcement des contrôles dans les piscines.
Affichage de la température, perche près du bassin, armoire à pharmacie et brancard dans le poste d’infirmerie : hier matin, Gérard Creps, inspecteur de la Direction départementale de la jeunesse et des sports (DDJS), contrôle la piscine municipale de Vanves. Sa visite n’est pas une surprise, la ville a été prévenue la veille, et l’objectif n’est pas de piéger les responsables. La visite se déroule dans un climat convivial et a pour but de vérifier que les installations respectent la réglementation. Les contrôles sur les lieux de baignade ont été renforcés depuis le début du mois d’août après la noyade d’un enfant dans la piscine de Torcy (77), à la demande du ministre de l’Intérieur, par circulaire aux préfets. Dans les Hauts-de-Seine, aucun accident dramatique n’a assombri les journées de baignade. Mais la forte fréquentation estivale impose la prudence. « Sur quarante piscines, nous en avons déjà visité une vingtaine. Mercredi, avec la chaleur, la piscine de Rueil avait atteint sa capacité maximale et elle a refusé du monde », a constaté Gérard Creps. Déjà une vingtaine de structures visitées L’inspecteur s’attarde sur le tableau d’affichage où sont accrochées les cartes professionnelles des maîtres nageurs : « Nous vérifions la qualification du personnel : la réglementation impose l’affichage des diplômes. » Un point auquel Gérard Creps tient d’autant plus que c’est la DDJS qui organise les examens de passage des diplômes d’Etat comme le certificat d’aptitude à l’exercice de la profession de maître nageur-sauveteur. Des épreuves ont d’ailleurs eu lieu en janvier à la piscine de Vanves. L’inspecteur passe aussi en revue matériels et équipements obligatoires : un défibrillateur à l’infirmerie ; l’impossibilité pour les nageurs d’accéder aux bassins sans passer par le pédiluve (bain de pieds) ; l’affichage des résultats d’analyse de l’eau… A ce moment de la visite, le visage du directeur des sports de Vanves, Gérard Clérin, s’anime : « Nous avons un traitement d’eau spécifique par ozonation », explique-t-il à l’inspecteur et sa collaboratrice. Si l’eau des deux bassins (12 m et 25 m) est claire comme de l’eau de roche, c’est grâce à un double traitement à l’ozone dont Gérard Clérin dévoile le secret à ses visiteurs. La découverte du dispositif technique fait forte impression. Pour la qualité de l’eau comme pour la sécurité, rien ne vaut la vigilance humaine, selon Gérard Clérin. Mais pour renforcer la surveillance, un certain nombre de villes du département (dont Montrouge, depuis fin juillet) ont doté leur bassin du système Poséidon. Ce dispositif détecte et donne l’alerte quand quelqu’un touche le fond du bassin. « Le système a ses limites. J’ai visité une piscine où il sonnait tout le temps car des jeunes jouaient à faire de l’apnée », constate Gérard Creps. Malgré cet inconvénient, un député, soutenu par l’Association nationale pour la prévention des accidents en piscine (Anpap), a déposé un projet de loi prévoyant notamment l’obligation pour les communes d’installer des systèmes de surveillance informatisés.
Le Parisien par Florence HUBIN