Je vous invite à découvrir le discours prononcé mardi 27 janvier à l'occasion de la commémoration des victimes de l'Holocauste.
Le cœur serré par l'émotion, c'est avec gravité que je souhaite m’adresser à vous tous. 64 ans, jour pour jour après la libération d’Auschwitz, les 6 millions de victimes de l’holocauste et de la Shoah frappent aux portes de nos esprits. Elles se dressent devant nous telle l’humanité anéantie par une tempête de souffrances.
De toute l’Europe, des millions d’êtres humains, humiliés, brutalisés, seront assassinés dans les camps de la mort. Auschwitz, Treblinka, Maïdanek, Belzec, Sobibor, ces noms si lourds à prononcer sont synonymes de l’enfer sur terre. Holocauste, absolu du mal ! Holocauste, machine à détruire la vie ! Holocauste, incarnation de la barbarie !
Ces hommes, ces femmes, ces vieillards et ces enfants avaient une identité, une pensée, un visage, un regard. Ces êtres innocents, marqués comme du bétail, réduits en cendres sont les martyrs de la conscience universelle.
Du fond de la douleur et du souvenir, Imre Kertész, prix nobel de littérature et rescapé des camps, nous parle : « Cessez enfin de répéter qu’Auschwitz et les camps ne s’expliquent pas, qu’ils sont le fruit de forces irrationnelles, inconcevables pour la raison, parce que le mal a toujours une explication rationnelle. »
Le nazisme est l’expression des dérives de nos civilisations. Les nazis voulaient effacer de l’histoire et de la mémoire du monde une partie de l’humanité. Tout était conçu, pensé, organisé pour ne laisser aucune trace tout en légitimant le III° Reich. La machine de mort nazie devait faire disparaître non seulement les Juifs et les Tziganes mais jusqu’aux preuves de leur mise à mort.
1945, la libération permet d’entendre les rescapés. Tout d’abord, ce n’est qu’un murmure. Puis, la consternation jaillit au grand jour. Un cri de condamnation explose.
Cette tragédie pèse lourdement sur la conscience universelle des hommes. Elle marque pour toujours l'histoire du monde. Nous avons une dette envers les disparus et les victimes ! Leurs sépultures sont associées à tout jamais à nos cœurs et à nos âmes. Cette sombre page de l’histoire a aussi découvert des héros : Les Justes de France et d’ailleurs, ayant transmis à l’humanité un exemple unique et essentiel, pour aujourd’hui et pour demain : le refus de l’indifférence, de l’aveuglement. Face à l’extrémisme et au racisme, il n’y a qu’une attitude : le combat. Luttons constamment contre le négationnisme, crime contre la vérité, perversion absolue de l’âme et de l’esprit, forme la plus ignoble de l’antisémitisme.
Les Justes ont fait le choix de la fraternité et de la solidarité. Ils incarnent l’essence même de la grandeur et du courage de l’homme. Commémorer la Shoah, comme nous le faisons ensemble, c'est empêcher que l'oubli et l'indifférence s'ajoutent aux crimes du passé. C’est surtout tenter de mieux maîtriser le présent et l'avenir.
Bientôt s’éteindra complètement la génération des survivants. Les livres seront alors les seuls dépositaires de nos mémoires. Notre lourde tâche, nous les héritiers, est de penser la transmission de cette histoire dans toute sa diversité en rappelant que le pire est toujours possible…
Rwanda, ex-Yougoslavie, Darfour, les crimes contre l’humanité restent une menace permanente.
En cette journée, nous devons aussi affirmer que la Shoah a totalement justifié l’existence de l’État d’Israël. Nous sommes tous touchés par la situation actuelle au Proche-Orient. Mais, les tensions israélo-palestiniennes sont territoriales. Je le dis haut et fort, elles n’ont pas de légitimité à être importées en France et nous devons être vigilants pour éviter la confusion des esprits de nos concitoyens.
Pour résoudre le conflit israélo-palestinien, la communauté internationale doit peser de tout son poids. Mais, la solution est avant tout dans les mains des forces en présence.
L’affirmation de la singularité de la Shoah dépasse de loin les seuls Juifs et Tziganes. Elle est un repère absolu devant préserver nos pays du mal.
Je voudrais clore ce discours en rappelant que ces tragédies sont notre héritage commun. La mémoire de l’Holocauste et la Shoah inspire à jamais le respect de la dignité humaine et des valeurs fondamentales constituant le socle de notre civilisation.
Vive Vanves ! Vive la République ! Vive la France !
Bernard Gauducheau Maire de Vanves